Quels sont les modes de chauffage des Parisiens ?

Si aujourd’hui à Paris on se chauffe principalement à l’électricité, ça n’a pas toujours été le cas. Selon l’année de construction, le type d’habitation, la taille des logements et l’évolution de la réglementation, les modes de chauffage des Parisiens se sont diversifiés. Collectif ou individuel, gaz, électricité, fioul, réseau de chaleur urbain … comment s’explique le choix des modes de chauffage des Parisiens ? Décryptage. 

L’évolution des modes de chauffage à Paris

Avant le 19e siècle, les logements parisiens se chauffent grâce aux cheminées. Quelques années plus tard, de nouvelles sources d’énergie apparaissent et les modes de chauffage commencent à se diversifier en fonction des différentes typologies d’habitations. Les premiers systèmes de chauffage collectif font appel au gaz. Les entreprises de production et de distribution en gaz et en électricité se nationalisent pendant les Trente Glorieuse. Les bâtiments sont tous ou presque, équipés en chauffage collectif pour répondre aux critères du confort. Les premières réglementations thermiques rendent l’électricité de plus en plus populaire. Le chauffage collectif est mis de côté, laissant le chauffage individuel électrique s’installer dans les logements. 

À partir des années 2000 tous les nouveaux logements sont soumis à la réglementation thermique. Les promoteurs prennent de nouvelles initiatives en favorisant l’utilisation des énergies renouvelables pour le chauffage, l’eau chaude et la production d’électricité. Malgré tout, les systèmes traditionnels au gaz et à l’électricité restent dominants. 

Les différents modes de chauffage des Parisiens

Fioul individuel et collectif

Les chaudières au fioul sont encore très présentes dans les logements parisiens, installation pérennes, efficaces et bon marché. Mais la combustion du fioul domestique est une source importante de pollution de l’air car elle produit des émissions de dioxyde d’azote et des particules fines. C’est pourquoi la ville de Paris encourage à l’abandon du fioul au profit d’énergies plus respectueuses de l’environnement. 

Électricité 

Il s’agit du mode de chauffage le plus utilisé dans la Métropole du Grand Paris. Il compte énormément d’avantages : une installation simple et peu coûteuse, un tarif réglementé, un faible entretien, un large choix de radiateurs, une température facilement régulable… Mais l’électrique est le mode de chauffage le plus cher. Il reste donc une solution apropriée pour les petits logements mais beaucoup moins rentable pour les grands volumes.

Gaz naturel individuel et collectif

Un chauffage au gaz naturel assure un bon confort thermique. Contrairement à l’électricité, le gaz figure parmi les énergies les plus économiques du marché. Les équipements de chauffage au gaz sont de plus en plus performants et peu encombrants. Mais le gaz a ses inconvénients : énergie fossile et  inflammable, elle se manipule avec prudence et les installations doivent être entretenues régulièrement. 

Chauffage urbain

Aussi appelé réseau de chaleur, le chauffage urbain correspond à un chauffage collectif qui permet d’alimenter en chauffage et en eau chaude, tout un quartier voire toute une ville. La chaleur est produite à partir de différentes sources d’énergies, fossiles ou renouvelables, parfois locales. Ce système de chauffage centralisé, fiable et performant laisse une empreinte environnementale plus faible que les autres systèmes de chauffage et contribue à une meilleure qualité de l’air ; pratique pour les usagers, qui bénéficient de la chaleur sans se préoccuper de l’entretien. Il représente néanmoins un investissement élevé pour copropriété et nécessite d’importants travaux de raccordement.

Un chauffage collectif ou individuel à Paris 

La répartition entre ces mode de chauffage s’effectue à Paris en fonction de l’année de construction du bâtiment, du type de logements (collectif ou individuel), des influences environnementales ainsi que des réglementations.

Mais alors, comment les Parisiens se décident-ils entre un chauffage collectif et individuel ?

À Paris, les immeubles anciens sont pour la plupart équipés d’un chauffage collectif. Tous les occupants règlent leur consommation d’énergie via les charges de copropriété. Un prestataire se charge de l’entretien de la chaudière ou de l’échangeur thermique (dans le cas du réseau de chaleur) pour l’ensemble de la copropriété. L’inconvénient majeur ? Les logements ne peuvent pas bénéficier de la chaleur avant la date de mise en service légale du chauffage collectif, fixée au 15 octobre. De plus, l’installation peut présenter des dysfonctionnements ayant pour effet la surchauffe de certains logements tandis que d’autres peuvent manquer de quelques degrés.

Le chauffage individuel donne la priorité au confort et permet de maîtriser sa propre consommation et d’optimiser son installation. Disposer d’un chauffage individuel, c’est pouvoir se chauffer quand on veut, choisir librement son fournisseur d’énergie et le prestataire pour l’entretien des appareils de chauffage. Entretien le plus souvent simple et rapide.

Cependant, le prix de l’énergie et de l’entretien des installations sont plus élevés et la consommation est variable d’un logement à l’autre, à fournisseur identique, en fonction de l’exposition et de la localisation du logement dans l’immeuble. 

Le saviez-vous ? 

  • Au sein de la métropole du Grand Paris, le collectif représente 88 % de l’habitat contre 51 % en grande couronne.
  • La grande majorité des chauffages collectifs fonctionnent au gaz et au fioul, moins coûteux que l’électricité.
  • À Paris, la plupart des logements sont collectifs et l’électricité est la première source d’énergie utilisée : 39 % contre 36 % pour le gaz.
  • Le réseau de chaleur CPCU de la Ville alimente en chaleur l’équivalent de 500 000 logement soit 1 million et demi de Parisiens.